10/04/2026
Mont-Royal, flanc Nord (1869)
Visite floristique pendant un match des Carabins contre le Rouge et Or, donc excessivement de bruit assourdissant, le son se reflétant sur la montagne. Je me demandais d’ailleurs comment les riverains du stade vivaient ce boucant. J’ai clairement entendu à quelques reprises « Ta yeule ! » venant d’un peu partout, lors des tests de son de l’hymne national du Canada chanté a ca****la avec pas trop de fausses notes…
Première impression, on est généralement dans la même structure forestière que ce que j’ai visité plus tôt cette semaine dans le cimetière Notre-Dame-de-Grâce : on est donc généralement devant des bouts de chênaie rouge à érable à sucre, parsemés ici et là d’anciennes friches, dues aux nombreuses modifications anthropiques qu’a subies le Mont-Royal au fil des siècles. On peut clairement voir les anciens remblais de nivellement, qui apportent leur lot de flore indigène qui semble, tant bien que mal, recoloniser les lieux, soit principalement le peuplier deltoïde et l’érable à sucre. Plus bas, sous une ancienne remontée mécanique abandonnée, on est malheureusement devant de petits boisés d’espèces exotiques envahissantes, mais j’y ai quand même perçu des traces de flore indigène qui recolonisent tranquillement les lieux (soit l’érable à sucre, le chêne rouge et le caryer cordiforme).
Dès l’entrée dans le boisé Saint-Jean-Baptiste, qui était déjà là en 1698 d’après Janssen (2021), j’ai tout de suite noté la faible présence de l’asaret du Canada (Asarum canadense), que je n’ai toutefois pas retrouvé ailleurs. C’est plus loin que j’ai compris : il y a énormément de piétinement sur le flanc nord, des sentiers partout qui vont dans tous les sens, et le sous-bois est presque absent. Ce qui me fait penser qu’il manque d’affichage clair sur ce versant, d’indications, d’interdictions, de petites clôtures, pour laisser la petite flore se régénérer…
Pour ce qui est des espèces historiques du Mont-Royal, car après tout je vous présente le tracé des boisés du flanc nord de 1869 d’après Sitwell et Jervois (en ne vectorisant pas les nombreux vergers, puisque c’étaient des plantations), je note la présence d’espèces introduites originaires d’Eurasie dès 1900, comme l’orme de montagne (Ulmus glabra), d’après l’Herbier de l’Université Laval. Aussi, il semble y avoir des plantations de platanes occidentaux vers 1828, espèce indigène, mais dont l’aire de répartition est à la frontière américaine (d’après l’Herbier McGill). Enfin, il semble y avoir une présence historique du chêne blanc (Quercus alba) sur le Mont-Royal, mais la planche d’herbier de 1989 que j’ai photographiée à l’Herbier Marie-Victorin a été identifiée comme un hybride par Roger Latour : « Il s’agit plutôt de Quercus × bimundorum (Quercus alba × Quercus robur) ».
Voilà, pour cette partie, c’est tout pour moi. Je poursuivrai l’exploration du Mont-Royal après avoir guéri de ce sale rhume qui m’a pourri la nuit. Désolé pour les gens que j’ai rencontrés hier, je devais être contagieux, à plus !
Référence
Janssen, V. (2021). Analyse du potentiel archéologique du versant nord du mont Royal (1698–1900) (mémoire de maîtrise, Université de Montréal), p. 77, 79–80.