25/03/2023
Une justice continentale, nationale contre l’impunité.
La justice, la reconnaissance, le pardon, sont des injections à l’impunité, laquelle se produit lorsque des institutions ou des individus puissants agissent selon leur désir sans crainte de représailles, de reproches ou de récriminations. Mais le plus souvent en Afrique ce sont des petits dieux qui sont puissants à un moment donné jusqu’à sous estimé leurs peuples en oubliant que ceux-ci ci sont les légitimistes ou approuveurs du pouvoir de n’importe quel dieu. Et comme le dit le président Bah Oury « l’autorité de l’Etat est assujettie au respect de la souveraineté du peuple ».
L’impunité vit à chaque
fois qu’il existe un déséquilibre des structures démocratiques, de responsabilité, d’équité et d’impartialité.
Les crimes atroces contre l’humanité tel que les événements du 28 septembre 2009 en Guinée, en RDC, RCA,résultent en partie de sentiments d’impunité, d’où les luttes considérables menés au niveau national,continental et mondial contre
l’impunité et ses agissements .
En revanche, la justice, la paix,
la bonne gouvernance et la réconciliation s’épanouissent là où existent de fortes et solides valeurs démocratiques, institutionnelles, sociales ainsi qu’une culture de constitutionnalisme visant à limiter l’arbitraire et l’abus de pouvoir. Depuis le début du XXI Siècle, l’Afrique a contribué de manière significative aux idées politiques ,normes mondiales qui ont permis d’établir des pratiques internationales du droit international pénal s’efforçant de mettre fin à l’impunité et de promouvoir la justice et la réconciliation.
Le peuple a aussi été témoin des efforts visant à incorporer ces normes et idéaux dans des structures nationales, régionales et continentales, mais plus d’efforts sont nécessaires afin d’intégrer ces réformes au niveau national, et d’en assurer le suivi et la mise en œuvre.
Il faut des instruments juridiques, juridictionnels et institutionnels pour mettre en évidence l’importance du combat contre l’impunité, de la justice et de la réconciliation, comme parties intégrantes de la lutte contre les effets délétères causés par les conflits politiques et l’intolérance dans notre espace géographique. Tout aussi importantes, les nouvelles normes de justice internationale
incarnées par le principe de la responsabilité internationale , ainsi que
par les institutions telles que la Cour pénale internationale (CPI), les chambres africaines extraordinaires pour le cas de Hussein Habré à Dakar, aujourd’hui le tribunal criminel de Dixin délocalisé dans l’enceinte de la cour d’appel de Conakry qui s’occupe des événements du 28 septembre en Guinée ont refocalisé l’attention sur les manières de gérer l’impunité et d’y mettre à terme en Afrique .
Cependant, ces principes et instruments ont parfois causé des dissensions en Afrique, car ils ont été perçus comme des menaces à la souveraineté ou l’intrusion du droit international dans des États faibles, et ont suscité des craintes d’une application et d’une mise en œuvre sélectives surtout le rôle qu’a joué la CPI depuis 2002. Tout ceci en dépit du fait que l’Afrique représente la majorité des États signataires au Statut
de Rome. Mais force est de faire attention, même si un Etzt n’a ratifié le statut de Rome, la CPI a une compétence universelle donc peut juger des auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de crimes de génocides et d’agressions. L’exemple le plus illustrant est le mandat d’arrêt à l’encontre de Vladimir Poutine, pourtant membre permanent du Conseil de sécurité et originaire du veto.
Abdoulaye Bademba Diallo, Pensées du Week-end