29/06/2026
1. La hauteur de l'antenne : comprendre l'angle de départ
L'une des erreurs les plus fréquentes chez les radioamateurs consiste à penser qu'une antenne placée plus haut sera systématiquement meilleure.
L'auteur explique que ce n'est pas aussi simple.
Quand une antenne émet, une partie de l'énergie part directement dans l'espace et une autre est réfléchie par le sol. Les deux ondes se mélangent. Selon la hauteur de l'antenne par rapport à la longueur d'onde utilisée, certaines directions sont renforcées et d'autres affaiblies.
Prenons un exemple concret sur 80 mètres.
Une antenne située à 4 mètres du sol ne représente qu'environ 0,05 λ de hauteur. Dans cette configuration, une grande partie de l'énergie part presque verticalement. Les ondes montent vers l'ionosphère puis retombent dans un rayon de quelques centaines de kilomètres. C'est le principe du NVIS (Near Vertical Incidence Skywave).
Résultat :
excellente couverture régionale ;
communications France-France facilitées ;
bonne couverture des zones montagneuses ;
trafic local très performant.
Maintenant, si la même antenne est installée à 20 ou 25 mètres de hauteur, l'angle de rayonnement s'abaisse. L'énergie part davantage vers l'horizon.
Résultat :
moins de puissance vers le ciel ;
davantage de puissance vers les longues distances ;
meilleurs DX.
L'auteur insiste donc sur une idée essentielle :
Avant de monter une antenne, il faut savoir ce que l'on veut faire avec.
2. Le long fil : l'antenne la plus simple du monde
Le long fil est probablement l'antenne la plus ancienne de l'histoire de la radio.
À première vue, cela paraît presque ridicule :
un morceau de fil ;
deux points d'attache ;
un système d'adaptation.
Pourtant, derrière cette simplicité se cache une physique très riche.
Lorsqu'un courant alternatif HF circule dans le fil, des zones de courant maximum et minimum apparaissent naturellement.
Ces zones dépendent :
de la fréquence ;
de la longueur du fil ;
de son environnement.
À basse fréquence, le fil peut être électriquement court.
À mesure que la fréquence augmente :
le fil devient plus long en nombre de longueurs d'onde ;
de nouvelles résonances apparaissent ;
le comportement change complètement.
C'est pourquoi un fil de 44 mètres peut fonctionner :
sur 80 m ;
sur 40 m ;
sur 30 m ;
sur 20 m ;
sur 17 m ;
sur 15 m ;
sur 12 m ;
sur 10 m.
Ce qui est remarquable, c'est qu'une seule antenne permet d'accéder à presque tout le spectre HF.
3. Les résonances et les pièges des longueurs de fil
Le document insiste beaucoup sur les longueurs de fil.
Pourquoi ?
Parce qu'une antenne n'est pas seulement un morceau de métal.
Elle possède une impédance qui varie fortement avec la fréquence.
À certaines fréquences :
l'impédance est faible ;
l'adaptation est facile.
À d'autres :
elle peut atteindre plusieurs milliers d'ohms ;
l'adaptation devient difficile ;
les pertes augmentent.
L'auteur montre que certaines longueurs tombent régulièrement dans des zones problématiques.
Par exemple :
un fil qui paraît excellent sur 40 m peut devenir difficile sur 20 m ;
un autre fil légèrement plus long peut au contraire être très facile à accorder.
C'est la raison pour laquelle les radioamateurs expérimentés parlent souvent de longueurs « magiques ».
En réalité, elles ne sont pas magiques.
Elles évitent simplement les pires situations d'impédance.
4. L'impédance : le véritable langage des antennes
Une grande partie du document tourne autour de cette notion.
L'impédance est la résistance apparente que voit l'émetteur.
Lorsqu'on alimente un long fil en extrémité, l'impédance peut varier énormément :
quelques dizaines d'ohms ;
quelques centaines ;
plusieurs milliers.
Plus cette impédance est éloignée des 50 Ω attendus par le poste, plus l'adaptation devient délicate.
L'auteur insiste sur le fait qu'il faut arrêter de regarder uniquement le ROS.
Deux antennes peuvent présenter :
ROS 1:1 ;
mais avoir des rendements totalement différents.
Le ROS indique seulement que l'émetteur est satisfait.
Il ne dit pas forcément que l'antenne rayonne efficacement.
5. La boîte d'accord : amie indispensable mais parfois surestimée
Le document revient souvent sur un mythe très répandu.
Certains pensent :
Si ma boîte d'accord affiche ROS 1:1, mon antenne est parfaite.
L'auteur explique pourquoi c'est faux.
La boîte d'accord agit comme un traducteur.
D'un côté :
l'émetteur parle 50 Ω.
De l'autre :
l'antenne peut parler 500 Ω ;
1000 Ω ;
3000 Ω.
La boîte fait simplement la traduction.
Mais elle ne modifie pas :
la hauteur ;
la longueur ;
le diagramme ;
le rendement.
Elle permet seulement au poste d'envoyer sa puissance.
Une mauvaise antenne accordée reste une mauvaise antenne.
Une bonne antenne accordée reste une bonne antenne.
6. Le sol : l'antenne invisible
L'auteur consacre énormément d'attention au sol.
Et il a raison.
Le sol absorbe une partie de l'énergie.
Mais il agit aussi comme un miroir.
Sa qualité dépend notamment :
de l'humidité ;
de la nature géologique ;
de la salinité ;
de la conductivité électrique.
Au-dessus de la mer :
les performances peuvent devenir exceptionnelles.
Au-dessus d'un terrain rocheux sec :
les pertes augmentent.
C'est l'une des raisons pour lesquelles deux stations utilisant exactement la même antenne peuvent obtenir des résultats radicalement différents.
7. Le courant de retour : le grand oublié
Chaque électron qui part doit revenir.
C'est une loi fondamentale.
Lorsqu'un long fil est alimenté à une extrémité, le courant cherche son chemin de retour.
Si aucun système n'est prévu :
il utilise le coaxial ;
le châssis ;
la terre ;
les gouttières ;
parfois même les câbles électriques de la maison.
C'est là qu'apparaissent :
les parasites ;
les retours HF ;
les comportements étranges.
L'auteur montre qu'un bon système de contrepoids améliore souvent davantage les performances qu'un simple ajout de quelques mètres de fil.
8. Quand le fil devient une antenne directive
C'est probablement la partie la plus fascinante.
Beaucoup de débutants imaginent qu'un fil rayonne partout de façon identique.
Ce n'est vrai que lorsqu'il est relativement court.
À mesure que la longueur augmente :
plusieurs lobes apparaissent ;
certaines directions deviennent favorisées ;
d'autres deviennent moins efficaces.
Un long fil de plusieurs longueurs d'onde peut présenter :
4 lobes ;
6 lobes ;
8 lobes ;
parfois davantage.
On peut alors observer des différences importantes selon l'orientation du fil.
Deux radioamateurs possédant chacun un fil de 44 mètres peuvent obtenir des résultats totalement différents simplement parce que l'un est orienté nord-sud et l'autre est-ouest.
Ce qui ressort réellement des 67 pages
En refermant ce document, on comprend que l'auteur essaie surtout de transmettre une idée :
Une antenne n'est jamais un simple morceau de fil. C'est un système complet composé du fil, du sol, de la hauteur, du contrepoids, du coaxial, de l'adaptation et de l'environnement.
Et c'est là que beaucoup de radioamateurs perdent du temps : ils changent d'antenne alors que le problème vient parfois du sol, du mode commun ou du système de retour HF.
Pour quelqu'un comme toi qui expérimente déjà les fils de 44 m, 49 m ou 60 m, le message du document pourrait se résumer ainsi :
Avant d'ajouter des mètres de fil, optimise d'abord la hauteur, les contrepoids et les courants de mode commun. Souvent, c'est là que se gagnent les décibels les plus faciles.
https://pchene.wordpress.com/wp-content/uploads/2025/08/antenne-long-fil-v1-1.pdf