21/03/2025
Le Liban et l’impasse des armes illégales : entre l’attentisme officiel et l’initiative des Forces libanaises
Dans le contexte de l’aggravation de la crise libanaise, il est devenu clair que toute aide internationale est conditionnée par la décision de l’État libanais de régler la question des armes illégales et de renforcer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire. Les pressions extérieures, qu’elles soient régionales ou internationales, se multiplient, tandis que la scène intérieure semble divisée entre deux options : attendre les changements internationaux ou trancher par une décision intérieure indépendante.
L’attentisme gouvernemental : attendre les calculs régionaux
L’approche officielle adoptée par la présidence et le gouvernement repose sur un engagement de principe à monopoliser l’armement par l’État, comme mentionné dans le discours d’investiture et le programme gouvernemental. Toutefois, cette approche prend un chemin de modération, évitant tout affrontement direct avec “le parti…”.
Il semble que cette position compte sur la pression croissante des États-Unis sur l’Iran, qui a posé trois conditions principales :
1. L’abandon du programme nucléaire.
2. L’arrêt du développement des missiles balistiques à longue portée.
3. L’arrêt du financement des branches militaires dans la région.
L’administration américaine a fixé une échéance jusqu’à juillet prochain pour respecter ces conditions, ce qui signifie – selon cette estimation – que “le parti…” pourrait se voir contraint de s’intégrer dans l’État si Téhéran répond positivement. En revanche, si l’Iran ne respecte pas ses engagements, l’équation changera, et l’État se retrouvera face à un défi intérieur plus complexe. Cependant, les critiques de cette approche estiment qu’elle lie la décision souveraine libanaise à des considérations extérieures qui ne sont pas nécessairement dans l’intérêt de l’État.
L’initiative des Forces libanaises : une décision intérieure indépendamment des évolutions extérieures
En revanche, les ministres des Forces libanaises proposent une approche plus directe, fondée sur le refus d’attendre les résultats des négociations régionales, et de prendre la décision du Liban indépendamment des évolutions extérieures. Cette vision repose sur l’Accord de Taëf et les résolutions internationales qui stipulent clairement le déploiement de l’autorité de l’État et le désarmement de toutes les forces illégales.
Dans cette optique, les ministres des Forces libanaises suggèrent de revenir au Conseil supérieur de la Défense, en tant qu’organe exécutif habilité à mettre en œuvre les décisions du gouvernement sur les questions de sécurité, en insistant sur le fait que la décision de démanteler l’infrastructure militaire du “parti…” a déjà été prise, et qu’il ne manque plus que son application. Un retour sur cette décision ne pourrait se faire que par une nouvelle décision du gouvernement, ce qui paraît improbable étant donné les engagements internes et internationaux existants.
Les Forces libanaises soulignent que le gouvernement actuel est responsable de l’application des décisions prises par le gouvernement précédent, ce qui oblige le Conseil supérieur de la Défense à fixer un délai clair pour commencer l’exécution, en prenant les mesures appropriées, y compris l’usage de la force si nécessaire, afin de garantir la souveraineté de l’État sur l’ensemble de son territoire.
Un carrefour politique : quel chemin choisira l’État ?
Entre l’attentisme gouvernemental fondé sur l’attente des données internationales et l’initiative des Forces libanaises appelant à une action immédiate, le Liban se trouve à un carrefour décisif. Tandis que les partisans de l’attentisme gouvernemental défendent la nécessité d’éviter des confrontations internes aux conséquences imprévisibles, les partisans de l’initiative des Forces libanaises estiment que tout re**rd supplémentaire dans la mise en œuvre des décisions de l’État approfondira l’impasse politique et affaiblira la position du Liban face à la communauté internationale.
La question la plus importante demeure : le Liban peut-il prendre sa décision souveraine en dehors des équations régionales et internationales ? Ou le sort du dossier des armes illégales restera-t-il tributaire des grandes négociations ?
Coordination des États-Unis au sein du Parti des Forces libanaises
Lebanon and the Illegal Arms Dilemma: Between Official Caution and the Lebanese Forces’ Initiative Amid the worsening Lebanese crisis, it has become clear that any international aid is conditional on the Lebanese state’s resolution of the illegal arms issue and the assertion of its sovereignty o...