03/09/2026
Vous aussi vous achetez leurs fromages le samedi sur le marché de Sallanches ? Montez avec nous à l'alpage ! Face au loup, à la sécheresse et aux journées qui n'en finissent pas, Yoann et Muriel de la Ferme des Armaillis fabriquent en alpage les tommes et les petits frais qu'on adore. Reportage.
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Ce moment de grâce. Matin et soir. Avant même de voir les chèvres apparaître, on les entend. Les clochettes ouvrent la marche. Muriel les regarde débouler avec un mélange de fierté et de tendresse.
Quelques minutes plus tôt, elle était dans la salle de traite mobile, installée entre le tunnel du parc de nuit pour les chèvres et leur chalet d'alpage. Une à une. Les gestes sont lents et les mains calmes. Comme si les bêtes et l'éleveuse discutaient ensemble. Sur les 120 chèvres du troupeau, 80 sont laitières. Toutes alpines, à la robe chamoisée. Autour, cinq chiens de protection veillent. « Depuis quinze ans qu'on est installés, on a toujours connu le loup », explique Yoann. Les filets sont arrivés, les parcs de nuit, les patous avec. Et désormais les humains, sur le pont jour et nuit autour des troupeaux. « Le loup apporte son lot de soucis : stress, fatigue, coût financier... En revanche, ma montagne est plus propre et je gère mieux mes pâturages qu'avant ». À les écouter en ce début de journée déjà chaude, le prédateur n'est plus vraiment un débat. C'est un voisin avec lequel il faut composer. Leurs inquiétudes sont ailleurs.
Soudain, les chiens détalent en aboyant. Muriel s'avance. Qu'ont-ils vu ? Impossible de savoir. Pas de loup. Puis on comprend...
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