21/07/2025
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En 1945, six femmes ont programmé le tout premier ordinateur du monde — sans manuel, sans formation… et sans reconnaissance. Une simple photo a failli les effacer de l’histoire de la technologie.
Des années plus t**d, Kathy Kleiman, une jeune informaticienne, découvre cette image. Intriguée par les femmes posant devant la gigantesque machine ENIAC, elle demande :
— Qui sont-elles ?
On lui répond :
— Probablement des modèles.
Mais non.
Elles étaient les toutes premières programmeuses. Betty Holberton, Jean Bartik, Kay McNulty, Ruth Teitelbaum, Marlyn Meltzer et Frances Spence — des pionnières invisibles à l’œil nu.
Engagées pendant la Seconde Guerre mondiale comme « calculatrices humaines », on leur confia la tâche de programmer l’ENIAC, un ordinateur si colossal et inédit… qu’il n’avait ni manuel, ni mode d’emploi.
Interdites d’accès au laboratoire, elles ont écrit les premiers programmes à partir des seuls plans techniques. Elles ont inventé les algorithmes, les organigrammes, la logique de programmation — tout, sur papier.
Et lorsqu’enfin elles ont pu approcher la machine, elles l’ont programmée à la main, en rebranchant un à un les câbles qui formaient son "cerveau". Et ça a marché.
Le 14 février 1946, l’ENIAC stupéfia le monde par sa vitesse.
Mais les journaux n’ont jamais mentionné les femmes derrière le miracle.
Les ingénieurs du matériel furent célébrés.
Les programmeuses ? Oubliées — car leur travail n’était même pas considéré comme du vrai travail.
À mesure que l’informatique grandissait, naissait aussi le mythe du programmeur masculin.
Les femmes qui en avaient bâti les fondations furent effacées, réduites au silence.
Mais elles n’ont pas cessé.
Holberton a écrit la première application logicielle.
Bartik a développé des systèmes de mémoire.
McNulty a contribué à l’invention des sous-programmes — des bases de la programmation moderne.
Pourtant, elles disparurent des manuels scolaires.
Jusqu’aux années 1980, quand Kleiman les retrouva, enregistra leurs récits, et contribua à leur rendre la lumière qu’elles méritaient.
En 1997, elles furent enfin honorées publiquement — la plupart avaient plus de 70 ans.
Mais entre-temps, la culture tech avait déjà changé : elle s’était appropriée l’innovation comme un territoire masculin.
On ne peut pas effacer cet oubli.
Mais on peut réécrire le récit, pour la suite.
Car les femmes n’ont pas "rejoint" la tech.
Elles l’ont inventée.
Enseignons à chaque codeur l’histoire complète.
Les premières programmeuses n’étaient pas seulement des femmes.
C’étaient des visionnaires.
Et leur héritage nous appartient à tous.