01/09/2026
Impact
On parle souvent de l’impact d’une maladie sur celle ou celui qui la traverse. Mais on parle moins de son onde de choc sur l’entourage.
Mes proches s’expriment peu à ce sujet. Alors je ne sais pas toujours ce qu’ils ressentent vraiment, juste ce que j’observe.
Mon chéri avait mis fin à son poste de formateur au CFA pour pouvoir m’accompagner quand j’ai été opérée fin 2023 et pour ensuite pouvoir être présent pendant la chimio. Finalement je suis restée autonome tout au long de mon parcours de soins. Cette décision, prise dans l’urgence et par amour, n’aura donc pas servi comme prévu… et tant mieux ! Mais je m’en suis voulue quelque part… qu’il mette de côté son projet. Aujourd’hui il reprend un poste dans ce même CFA et je suis trop contente pour lui, c’est une belle revanche.
Mes filles, mes parents, ma famille, mes ami•e•s : chacun•e a dû réorganiser sa place autour de moi, sans mode d’emploi. Et moi, de mon côté, j’ai appris une autre forme de vulnérabilité : celle qui consiste à voir les autres se transformer à cause de ce qui m’arrive à moi. Je les incite à me parler de leurs tracas du quotidien sans tabou, ce n’est pas parce que je suis gravement malade que leurs problèmes sont moins importants, et j’y tiens. Cela permet aussi de maintenir un peu de normalité. Mais peu me parlent vraiment de leur ressenti.
C’est là que la culpabilité s’invite. Pas parce qu’on a mal agi, mais parce qu’on a, malgré soi, changé le cours de la vie de ceux qu’on aime. Je crois qu’on gagnerait à en parler davantage. Pas pour s’excuser d’être malade, mais pour reconnaître que l’entourage traverse, lui aussi, un parcours à part entière.
Et surtout depuis plus de 3 ans maintenant, comme le dit mon chéri, il entend parler cancer tous les jours. En plus de le voir incarné en moi… Mais comment pourrais-je faire abstraction ?
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