28/03/2023
Numérique et bien-être.
Par Charles Fernandes
On sait que des heures passées d’affilée avec les réseaux sociaux ou autres applications peuvent entraîner de sérieuses répercutions sur la santé mentale et/ou physique ainsi que sur la qualité des relations avec les autres et sur son activité professionnelle.
Mais on sait aussi qu’il est possible d’avoir une relation avec son smartphone équilibrée et bénéfique pour la santé et ses relations sociales.
Si on est devenu dépendant, une des solutions proposées est de passer par le « digital detox» (désintoxication ou sevrage numérique). Mais, selon le The New York Times, la conclusion de 21 études sur l’impact de la « digital detox » sur le bien-être et le niveau d’anxiété montre que dans beaucoup de cas la pratique n’offre pas l’effet escompté.
Alors, comment développer des habitudes plus saines ?
Voici quelques pistes.
“Digital mindfulness” (pleine conscience numérique). Il arrive souvent de naviguer dans les réseaux sociaux ou des applications par habitude sans prêter vraiment attention à ce que l’on fait. Sina Joneidy, de la Teesside University, (Royaume Uni), déclarait à la BBC qu’il est pratiquement impossible de se détacher de la technologie mais on peut miser sur la “digital mindfulness” et apprendre à l’utiliser à bon escient.
Il est important de prendre conscience de ses habitudes de consommation technologique mais aussi des réactions qu’elles provoquent. Par exemple, si on a l’habitude du « scroll » (défilement) à travers les réseaux sociaux, cela peut apporter une sensation gratifiante immédiate. De ce fait, elle peut aussi entraîner la dépendance, le cerveau demandant de plus en plus cette décharge de dopamine.
Selon l’américaine Amber Case, anthropologue qui étudie les interactions entre les humains et la technologie, le « scroll » utilisé comme une pause peut avoir le même effet que celui qui sent le besoin de fumer.
Il est important de regarder l’impact que cela a sur son travail, sa famille, ses relations sociales, ses hobbies. S’il est négatif, il est préférable de se demander qu’elles pourraient être les activités capables de vous apporter une meilleure qualité de vie et contribuer à une bonne santé, mentale et physique.
Apprendre à se donner des limites. Non pas une interruption brutale mais comme le conseille Adam Gazzaley, professeur de neurologie à l’Université de Californie, San Francisco, dans une déclaration au The New York Times, faire de petits pas et les répéter souvent. En cela, on peut se faire aider par des fonctionnalités intégrées dans les applications ou systèmes d’exploitation qui aident à fixer des limites à l’utilisation de certaines applications.
Il est bon de savoir qu’il existe une foule d’applications qui aident à mieux gérer sa relation avec la technologie, comme Break Free, QualityTime ou Freedom.
Dans les boutiques Google et Apple on trouve des applis qui peuvent aider à développer le bien-être digital.
S’il faut passer à des mesures drastiques, il est recommandé de trouver les moyens de se mettre à distance de son smartphone. Par exemple, le soir, avant de se coucher, laisser son smartphone dans une autre pièce et s’il est utilisé comme réveil matin le remplacer par un réveil ordinaire.
Et dans les cas plus difficiles : remplacer le smartphone par un téléphone portable avec des fonctionnalités basiques pour les usages courants, en dehors de la vie professionnelle.
Comme on peut le voir, limiter l'exposition à son smartphone peut aider à mener une vie plus saine et plus productive.