19/01/2024
Yves n'est plus, il nous a rejoint les étoiles cette semaine. Lorsque j'ai rencontré Yves Carini, il cherchait un manager. Je lui ai répondu avec un clin d'oeil que je ne manageais que les femmes, de préférence blondes. Et lui de me répondre non sans humour, du haut de son mètre quatre vingt dix qu'il avait un coté féminin (très) développé. L'homme avait du culot et du drive comme disent les anglo-saxons. Ca me plaisait. Et du talent. Beaucoup. C'est ce qui m'a décidé à le prendre en management. Yves cultivait la douceur, envoyait la lumière et était amoureux de l'élégance. Il voulait faire de chaque moment, un moment. On ne s'est jamais disputé avec Yves. Le Carini que je connaissais était trop en douceur, trop en solutions, trop drôle pour s'abaisser à une dispute. On mettait sur la table un problème et on imaginait une solution. Je ne me suis jamais autant marré avec un artiste et au travail, tout court. J'ai beaucoup rêvé. Aussi. Il m'a réconcilié avec les artistes hommes, que je trouvais inintéressants à manager, avant. Je lui ai promis que je l'emmènerai en haut des charts et je voyais son regard bleu interrogateur. Jusqu'au jour où je lui ai envoyé la copie écran des classements des ventes Fnac où son/notre album était 2ème des ventes pendant plusieurs semaines, puis le classement officiel des ventes d'album en magasin. Il avait cru à une erreur au début. Je lui ai dit crânement qu'il m'avait sous estimé, qu'il n'y avait pas d'erreur. L'album The Way You Are est arrivé 7ème meilleure vente jazz de France (classement SNEP), dans le top 150 tous styles confondus la semaine de sa sortie. La bromance de Yves Carini et de Jorge Calandrelli, j'en ai été témoin. C'était de la magie, l'impression de voir des âmes soeurs. Logiquement, cela a donné un album magique. Yves avait le sens du clan, et c'est naturellement Sylvia Carini, sa femme qui a assuré la production exécutive de ce magnifique album. Nous avions des projets, mais le sablier s'est soudainement renversé le jour où il m'a annoncé cette nouvelle qui m'a glacé le sang. Le manager d'artiste est le gardien des secrets et nous avons fait bonne figure. Triste de son départ que nous savions très probable, mais heureux, plein de gratitude, des moments passés ensemble, et le connaissant, il trouverait un coté drôle à cette chronique et on serait (encore) en train de se marrer. Il me manquera. Beaucoup. So long Crooner. Merci à celles et ceux qui ont soutenu Yves dans sa quête artistique Yves Carini Jorge Calandrelli Randy Waldman, Philippe Saisse, Jonathan Grimbert-barre, François Gauthier, Don Murray, Dooweet, Charlotte Le Gal, Tony Ballester, Capitol Studios, Bernie Grundman Mastering Studios, Crooner Radio, Jacques Panis, Philippe Tu Minh Tan, Charley Davidson, Guillaume Chalaron, la team "Variété" à la Fnac et bien sûr beaucoup d'autres. Pardon pour celles et ceux que je n'aurai pas mentionnés ici. Pensée spéciale à Sylvia Carini et à la famille Carini.