11/09/2026
Une affiche de film, ce n'est pas "juste une image".
Il y a près d'un mois, un jeune designer camerounais nommé Franck Mistral a réalisé l'affiche d'une série camerounaise. Il a travaillé à partir du brief, choisi la typographie, détouré et mis en scène les comédiens, construit la composition, réglé la lumière et l'étalonnage, fait les retouches et les déclinaisons. Ça représente des heures de travail, livrées dans les délais.
Aujourd'hui :
→ il n'a toujours pas été payé ;
→ l'affiche a été publiée sous la signature d'un autre graphiste.
Je veux rester prudent : nous ne savons pas encore si la personne qui l'a contacté agissait réellement au nom de la production. Mon but n'est pas d'accuser qui que ce soit. Je veux mettre en lumière une situation que beaucoup de créatifs vivent en silence.
La capture ci-dessous montre le fichier de travail original, en haute définition (9356 × 11484 px, 300 ppp) et avec tous ses calques. L'auteur de cette affiche, c'est lui.
Aux maisons de production, aux chaînes et aux intermédiaires :
→ Vérifiez qui a réellement conçu les visuels que vous diffusez.
→ Formalisez la collaboration : un devis validé, un bon de commande, un acompte.
→ Créditez l'auteur. Pour un jeune créatif, ce crédit, c'est sa carte de visite.
→ Payez dans les délais convenus. Derrière chaque visuel, il y a un professionnel qui vit de son travail.
À mes jeunes collègues designers :
→ Pas d'acompte, pas de fichier final.
→ Tant que le paiement n'est pas soldé, livrez vos aperçus en basse résolution avec un filigrane.
→ Conservez vos fichiers sources, vos échanges et vos dates. Ce sont vos preuves.
→ Demandez toujours à qui vous parlez, et au nom de quelle structure.
L'industrie audiovisuelle camerounaise grandit, et c'est une très bonne nouvelle. Mais elle ne grandira durablement qu'avec des créatifs respectés, payés et crédités.