05/10/2026
Ce week-end, une connaissance m’a invité à prendre un repas dans un restaurant ici à Bafoussam.
Lorsque j’ai vu l’affiche, deux choses ont attiré mon attention.
La première : le riz à 10 000 FCFA.
Je me suis demandé : c’est quel genre de riz exactement ?
Est-ce qu’on sert la marmite avec ? Ou alors c’est un riz qui descend directement du royaume des cieux 😂?
Bref, vous connaissez les choses des suspendus. Heureusement que j’étais très occupé ce week-end.
Mais la deuxième chose m’a beaucoup plus interpellé.
Ce restaurant appartient au promoteur d’une agence de communication dont je vais volontairement taire le nom.
Et pourtant, l’un des plus grands restaurants de la ville communique avec des visuels générés par intelligence artificielle.
Le plus paradoxal ? L’agence possède des graphistes, forme des étudiants, dispose d’une équipe et vend justement des services de communication.
Et ce n’est même pas la première fois que je remarque cela.
Lors d’une précédente soirée dans ce même lieu, j’avais déjà constaté que l’entreprise faisait la promotion de formations en design graphique… avec des visuels générés par IA.
C’est là que j’ai compris quelque chose.
Pendant longtemps, on pouvait justifier la mauvaise communication de certaines PME africaines par le manque de moyens.
Mais aujourd’hui, je pense que le problème est beaucoup plus profond :
beaucoup d’entreprises africaines n’ont jamais considéré la communication comme un véritable levier stratégique.
L’IA n’a pas créé ce problème.
Elle vient simplement de rendre la médiocrité moins chère, plus rapide et accessible à tout le monde.
J’ai même vu des coachs, des docteurs et des professionnels pour lesquels j’avais énormément d’admiration apprendre fièrement à leurs communautés comment utiliser l’intelligence artificielle pour se passer des graphistes.
Et là, j’ai compris où nous allons.
La communication médiocre est progressivement en train de devenir la norme. C’est même devenu une norme je crois 🤦🏿♂️!
Dans quelques années, on ne parlera peut-être même plus de graphistes.
On aura des promptologues, des prompteurs, des promptateurs, des docteurs en promptologie et probablement des experts internationaux en promptologie appliquée.
Mais derrière la blague, mon conseil aux jeunes designers est très sérieux :
Pendant qu’il est encore temps, ne construisez plus votre carrière uniquement autour de l’exécution graphique.
Rapprochez-vous des agences. Apprenez la stratégie, le branding, la direction artistique, la publicité, la vidéo et le business.
Parce que le freelancing graphique tel qu’on l’a connu est progressivement en train de mourir en Afrique. Je précise bien : en Afrique.
Et si le marché décide que la médiocrité lui suffit, votre meilleure défense ne sera pas de combattre l’IA.
Ce sera de devenir trop compétent pour être réduit à un simple exécutant.
Agréable semaine à tous dans la médiocrité 🫡