15/08/2021
Malgré le désintérêt des Français envers le paiement sans contact, les cartes bancaires NFC continuent à se propager sur le territoire. Elles constitueraient aujourd'hui près de 75 % des cartes bancaires en circulation en France. Comment ? Simple : sans demander l'avis de personne, les banques refourguent ces nouvelles cartes à chaque renouvellement. Parmi le gros tiers de Français équipés d'une
carte bancaire NFC, beaucoup donc n'en sont même pas conscients, et ne savent probablement pas non plus que leurs données bancaires peuvent être récupérées avec une simple
appli Android ? Parce que si un smartphone NFC ne permet de lire les cartes bancaires qu'à 1 ou 2cm, d'autres antennes plus puissantes (et facilement accessibles sur quelques sites) peuvent
étendre cette portée à une dizaine de centimètres. Cela reste court, mais c'est assez pour aspirer les données de la carte à travers un portefeuille et une poche de jean. Avec les données récoltées,
il sera alors possible d'effectuer des commandes sur Internet sur
des sites ne nécessitant pas le cryptogramme visuel (rares, mais
ils existent) ou encore de reproduire une fausse carte et payer grâce au seul bandeau magnétique. Rarement
autorisée en France (péages, parkings,...), cette pratique est nettement plus répandue à l'étranger.
Les données ainsi récoltées sont les mêmes que celles qu'un
commerçant peut obtenir lorsque vous lui tendez votre carte à puce moins le cryptogramme.
Le problème n'est donc pas tant d'ordre sécuritaire que d'ordre
éthique. De quel droit des sociétés privées (les banques) peuvent-elles se permettent d'imposer cette technologie sans nous demander notre avis ? Certes, le groupement de cartes bancaires
cherche à nous sensibiliser à la sécurité de ces cartes, mais on peut légitimement se poser la question : qui est vraiment gagnant dans ce passage au NFC, les vendeurs et consommateurs qui gagnent quelques secondes à chaque transaction, ou les banques qui font ainsi disparaître le cash des portefeuilles ? Pensons-y !