13/08/2026
Regarde attentivement ces deux mises en page
Le contenu est pratiquement le même.
Mais visuellement, l’expérience de lecture n’a plus rien à voir.
Et c’est exactement là que commence le vrai travail d’un designer éditorial ou un éditeur.
Dans la version AVANT, le contenu est présent, mais la hiérarchie visuelle est faible.
Le regard ne sait pas immédiatement où commencer.
Le titre du chapitre se retrouve directement dans le flux du texte, les différents niveaux d’information sont peu différenciés et la page donne davantage l’impression d’un document « rempli » que d’une véritable publication éditoriale.
Le texte est là.
Mais il manque une chose essentielle :
👉🏾 une direction pour le regard.
Dans la version APRÈS, j’ai repensé la page comme une expérience de lecture.
1️⃣ LE CHAPITRE DEVIENT UNE VÉRITABLE ENTRÉE DE LECTURE.
Le numéro du chapitre est isolé du titre.
Le titre gagne en importance grâce à sa position, sa taille et son contraste.
Résultat : en quelques secondes, le lecteur comprend qu’il entre dans une nouvelle partie du document.
2️⃣ LA LETTRINE DONNE IMMÉDIATEMENT UN POINT D'ENTRÉE AU CORPS DU TEXTE
Le « E » du premier paragraphe n’est pas là uniquement pour faire joli.
Il sert à créer une accroche visuelle et à signaler clairement le début du contenu.
C’est un petit détail.
Mais en mise en page, ce sont souvent les petits détails qui changent toute la perception d’une page.
3️⃣ LES ESPACES BLANC (ESPACES NÉGATIFS) SONT UTILISÉS VOLONTAIREMENT.
Un bon designer ne cherche pas à remplir chaque centimètre disponible.
Il sait aussi laisser respirer la page.
L’espace autour du titre permet au chapitre d’exister.
L’espace entre les blocs permet au lecteur de comprendre la structure.
👉🏾 Le vide n’est pas du gaspillage. C’est une partie du design.
4️⃣ LA HIÉRARCHIE TYPOGRAPHIQUE EST BEAUCOUP PLUS CLAIRE.
Le lecteur distingue immédiatement :
CHAPITRE → TITRE → TEXTE → NUMÉRO DE PAGE.
Chaque élément possède un rôle.
Et lorsqu’une hiérarchie est bien construite, le lecteur n’a pas besoin de réfléchir pour comprendre comment parcourir la page.
5️⃣ LA MISE EN PAGE CRÉE AUSSI UN RYTHME.
Dans un livre, un rapport ou un ebook de plusieurs dizaines de pages, il ne suffit pas que chaque page soit « belle ».
Il faut créer une cohérence visuelle sur l’ensemble du document.
C’est pour cela que les styles de paragraphe, les styles de caractère, les marges, les colonnes, les espacements, les folios et les règles typographiques sont aussi importants.
Parce qu’une belle page isolée ne fait pas forcément une belle publication.
Et voici une erreur que beaucoup de débutants font avec InDesign :
Ils pensent que maîtriser le logiciel signifie connaître beaucoup d’outils.
❌ Rectangle
❌ Texte
❌ Image
❌ Couleur
❌ Alignement
Alors qu’en réalité, c’est surtout savoir répondre à cette question :
« Comment faire en sorte que le lecteur comprenne et ressente le contenu avant même de l’avoir entièrement lu ? »
C’est ça, le métier de designer éditorial.
Tu ne déplaces pas simplement des blocs de texte.
Tu construis un parcours de lecture.
Et parfois, entre une mise en page amateur et une mise en page professionnelle, il n’y a pas 50 effets supplémentaires.
Il y a simplement :
👉🏾 une meilleure hiérarchie
👉🏾 une meilleure typographie
👉🏾 de meilleurs espacements
👉🏾 une meilleure grille
👉🏾 une meilleure cohérence
👉🏾 et surtout… une intention derrière chaque choix.
Adobe InDesign est un outil.
Le véritable travail, c’est de savoir quoi en faire.
Si tu veux progresser sérieusement en mise en page éditoriale, commence à regarder tes pages autrement :
Ne demande plus seulement :
« Est-ce que c’est beau ? »
Demande plutôt :
« Est-ce que cette page guide correctement le lecteur ? »
C’est là que ton niveau commence réellement à changer. 🔥
Entre les deux versions, laquelle te paraît la plus professionnelle : AVANT ou APRÈS ?