13/05/2026
L’interdiction de l’exportation du bétail hors du Burkina Faso vient davantage compliquer la situation déjà très difficile des éleveurs et emboucheurs.
Depuis plusieurs mois, nous faisons face à une hausse excessive des coûts d’alimentation, des soins vétérinaires, des médicaments et de l’entretien des animaux. À cela s’ajoutent les maladies, les pertes d’animaux et les nombreuses charges supportées par les acteurs du secteur.
Chaque année, le marché national seul ne parvient pas toujours à absorber la totalité des bœufs et moutons engraissés. Beaucoup d’éleveurs investissent sur plusieurs mois avec l’espoir de vendre une partie de leurs animaux à l’exportation, surtout à l’approche de la Tabaski.
Nous comprenons que cette décision des autorités vise à protéger les consommateurs et à permettre aux ménages burkinabè d’avoir accès au bétail à des prix plus abordables. Cet objectif est noble et mérite d’être salué. Cependant, cette mesure risque aussi de fragiliser fortement les producteurs et les emboucheurs qui ont déjà énormément investi.
Beaucoup seront contraints de vendre à perte simplement pour éviter des charges supplémentaires. Cela pourrait décourager plusieurs personnes à continuer dans l’élevage et l’embouche, alors même que ce secteur nourrit de nombreuses familles et contribue à l’économie nationale.
Une telle décision, si elle devait être appliquée, aurait été plus facile à anticiper en début d’année afin de permettre aux acteurs de mieux s’organiser dans leurs investissements.
Aujourd’hui, nous espérons que le marché national pourra absorber les animaux déjà préparés pour la vente et que les consommateurs accepteront de payer le juste prix, à la hauteur des efforts et des sacrifices consentis par les éleveurs.
Que Dieu facilite cette période difficile à tous les acteurs du monde de l’élevage.