20/04/2026
Développement communautaire : et si la solution se trouvait déjà dans les villages autour du Parc National de Kahuzi-Biega?
Les 16 et 17 avril 2026, à Bukavu, le Parc a réuni ses alliés communautaires pour un atelier d’examen participatif des sensibilisations menées sur le terrain avec les outils d’autonomisation communautaire de l’approche Gender Action Learning System (GALS).
Les discussions n’ont pas seulement porté sur les activités réalisées au premier trimestre 2026. Elles ont aussi introduit de nouveaux outils qui ont permis aux participants de réfléchir au développement des entités autour du Parc, notamment sur ce que les communautés peuvent faire d’elles-mêmes. Pour illustrer cette réflexion, un cas concret a été travaillé ensemble: celui de Rwamikundu Gaka.
Rwamikundu Gaka est un sous-village de 6,6 km². Il est situé dans le village de Fendula, groupement de Kalonge, territoire de Kalehe, en province du Sud-Kivu.
Entre autres visions de développement, les ressortissants de ce sous-village veulent une chose simple mais essentielle : construire 10 bornes fontaines pour que chaque ménage ait facilement accès à l’eau potable d’ici 5 ans.
Voyons d’abord les opportunités, ce qu’ils ont déjà chez eux : des sources d’eau disponible dans la zone. Du sable. Des pierres. De la main-d’œuvre locale. Des compétences communautaires. Des jeunes capables de travailler. Des familles prêtes à contribuer.
À partir de là, une évidence est apparue : une grande partie du coût d’une borne fontaine peut être réduite grâce aux ressources locales.
Le besoin principal reste l’organisation et quelques achats complémentaires. Ainsi, la construction d’une simple borne fontaine a été estimée à environ 400 USD, soit 920 000 francs congolais. Cela représente 4 000 USD, soit 9 200 000 francs congolais pour 10 bornes fontaines en 5 ans.
Au début, le montant paraît énorme. Puis l’analyse change : réaliser ce projet petit à petit. Pourquoi pas deux bornes fontaines par an ? Cela fait énorme. Puis l’analyse change : réaliser ce projet petit à petit. Pourquoi pas deux bornes fontaines par an ? Cela fait 800 USD, soit 1 840 000 francs congolais. Par trimestre, cela revient à 200 USD, soit 460 000 francs congolais.
Ensuite, regardons leur propre population: environ 8 300 habitants. Avec une moyenne de 6 personnes par ménage, cela donne environ 1 383 ménages.
Le calcul devient simple et parlant.
460 000 francs congolais divisés par 1 383 ménages…
Cela donne environ 332 francs congolais ( soit 0,14 dollar USD) que chaque ménage (famille de 6 personnes) peut contribuer par trimestre, soit environ 110 francs congolais par mois (soit moins de 0,05 dollar par mois).
Un silence. Puis des regards. Et une prise de conscience.
Un montant très faible, presque insignifiant. Et pourtant, suffisant pour construire deux bornes fontaines à Rwamikundu chaque année.
A partir cette analyse simple de vision communautaire, les participants ont compris qu’ils peuvent agir sans attendre. Que certaines solutions sont déjà entre leurs mains. Qu’un petit effort, bien organisé, peut transformer un village.
« Ce n’est pas une question de moyens. C’est une question d’organisation, d’engagement et de responsabilité », a confié Jean-Pierre Bisimwa, Président du Comité Local de Suivi de Forêt (CLSF/Kalonge) et habitant de Rwamikundu.
Autour du Parc, plus de 500 villages vivent les mêmes défis. Le Parc National de Kahuzi-Biega ne peut pas répondre seul à tous ces besoins. Et ce n’est pas son rôle de tout faire. Mais chaque village peut commencer par une vision claire, et par une décision collective pour améliorer ses conditions de vie.
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