02/09/2025
Nfise kumutima : Plaidoyer pour une Afrique meilleure, inspirée par des leaders intègres
Monsieur/Madame,
En tant qu’Africain profondément attaché à sa terre et à son peuple, je vous livre une réflexion née de la douleur et de l’espoir, un cri du cœur pour une République Démocratique du Congo (RDC) et une Afrique libérées des chaînes de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Originaire de Bujumbura, Kigobe, mama wanje sha n'umurundikazi arya akaravye neza et Uvira, père Congolais, ville résiliente grâce à la bravoure des Wazalendo et à la solidarité burundaise, je porte en moi les aspirations d’un continent qui rêve de justice, de dignité et de progrès.
La situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, marquée par la chute de Goma et Bukavu sous l’emprise du M23 en début 2025, illustre les failles d’un système miné par des nominations controversées, comme celle du lieutenant-général Pacifique Masunzu à la tête de la 3e zone de défense. Malgré son expérience, les tensions internes au sein des FARDC et le manque de moyens modernes entravent la reconquête des territoires.
À Uvira, la résistance des Wazalendo, soutenue par une coopération transfrontalière avec le Burundi, montre qu’une mobilisation communautaire peut pallier les défaillances de l’État. Mais imposer des figures inadaptées, comme le général Gasita, risque de briser cette dynamique, car Uvira exige des leaders intègres, en phase avec les réalités locales.
Plus encore, c’est la crise de gouvernance qui meurtrit la RDC. Le cas de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice condamné le 2 septembre 2025 à trois ans de travaux forcés pour un prétendu détournement de 19,9 millions de dollars, est emblématique d’un système où la justice est instrumentalisée. Mutamba, accusé d’avoir transféré des fonds du FRIVAO à une entreprise novice, Zion Construction, sans aval gouvernemental, clame son innocence, affirmant que l’argent est resté intact à la banque. Ses réformes audacieuses, bien que controversées, visaient à secouer un système judiciaire malade.
Pourtant, il est poursuivi, tandis que des officiers de police impliqués dans des détournements sont absous par des interventions présidentielles. Cette justice à géométrie variable, où les puissants échappent aux sanctions, alimente le désespoir d’un peuple qui aspire à l’équité.
Je rêve d’une Afrique inspirée par des leaders comme John Magufuli de la Tanzanie, dont la rigueur budgétaire et la lutte contre la corruption ont marqué les esprits, ou Pierre Nkurunziza du Burundi, qui, malgré les controverses, incarnait une certaine proximité avec son peuple. Aujourd’hui, des figures comme Assimi Goïta au Mali ou Ibrahim Traoré au Burkina Faso, dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), portent une vision de souveraineté et de justice qui redonne espoir. Ces leaders, vivants ou disparus, montrent qu’une gouvernance intègre, centrée sur les besoins des citoyens, est possible.
La RDC doit s’en inspirer : réformer les FARDC avec des moyens modernes, intégrer les Wazalendo dans une stratégie nationale et garantir une justice indépendante, loin des manipulations politiques.
Je ne suis pas un ennemi, mais un parolier des malheureux, un fils d’Afrique parmi tant d’autres, qui pleure la richesse pillée de son pays et rêve d’un continent uni, prospère et respecté.
La RDC et l’Afrique ne sont pas maudites ; elles regorgent de potentialités. Mais il nous faut des dirigeants résolus, à l’image de ceux qui ont marqué l’histoire par leur courage et leur intégrité, pour transformer ce rêve en réalité.
Avec respect et espoir,